« J’ai une RC Pro, du coup mon local est couvert ? »
Non. Et c’est la confusion la plus fréquente de tout mon métier.
Pour faire simple :
La RC Pro paie les dommages que tu causes aux autres.
La multirisque professionnelle paie tes propres biens quand c’est toi qui prends.
Deux contrats, deux boulots. Beaucoup de dirigeants en ont un et pensent avoir les deux.
Qu’est-ce que couvre exactement la RC Pro ?
Ta responsabilité quand ton travail cause un dommage à quelqu’un d’autre : un client, un fournisseur, un partenaire, un passant.
Trois exemples de ce qu’elle paie :
- tu te trompes dans un conseil et ton client perd de l’argent
- tu casses quelque chose chez un client pendant une intervention
- tu livres une prestation qui provoque un préjudice à celui qui l’utilise
Elle est obligatoire pour certains métiers (santé, juridique, comptable, bâtiment, immobilier, intermédiaires en assurance et en finance) et fortement conseillée pour tous les autres, parce qu’elle est très souvent exigée par les clients et les donneurs d’ordre.
J’ai écrit une page entière sur l’obligation métier par métier.
Et la multirisque professionnelle ?
Tes murs, ton contenu, ton activité. Elle intervient quand c’est ton entreprise qui subit le dommage.
Ce qu’elle couvre en général :
- l’incendie, le dégât d’eau, la tempête sur ton local
- le vol et le vandalisme de ton matériel et de ton stock
- le bris de machine ou de matériel informatique
- la perte d’exploitation, c’est-à-dire ton chiffre d’affaires pendant que tu ne peux plus travailler
- et elle intègre presque toujours une responsabilité civile exploitation, qui n’est pas la RC Pro (voir plus bas)
La perte d’exploitation est la garantie que les gens sous-estiment le plus. Un incendie détruit ton local, l’assurance reconstruit, et pendant 6 mois tu n’as plus de recettes mais tu as toujours toutes tes charges. C’est cette garantie qui te maintient en vie.
Si tu ne sais pas laquelle des deux tu as vraiment, envoie-moi tes contrats :
Le piège : RC exploitation n’est pas RC Pro
C’est la nuance qui trompe presque tout le monde, y compris des gens bien assurés.
La RC exploitation couvre les dommages liés à ta vie d’entreprise, en dehors de ta prestation elle-même : un client glisse dans ton local, ton salarié abîme une voiture sur un parking, ton enseigne tombe.
La RC professionnelle couvre les dommages liés à ton travail lui-même : l’erreur, l’oubli, le mauvais conseil, la malfaçon.
Beaucoup de contrats multirisque incluent la RC exploitation et pas la RC Pro. Le dirigeant lit « responsabilité civile » sur ses conditions particulières et se croit couvert pour ses erreurs professionnelles. Il ne l’est pas.
Le jour du sinistre, c’est exactement la ligne que l’assureur va regarder.
Alors, laquelle il me faut ?
Ça dépend de deux choses seulement : est-ce que tu as des biens professionnels, et est-ce que ton travail peut causer un préjudice à un tiers.
- Tu n’as pas de local dédié, tu travailles de chez toi avec un ordinateur (consultant, freelance, coach) : la RC Pro est l’essentiel. Ton matériel peut se couvrir en petite multirisque bureau ou parfois via ton habitation, à vérifier.
- Tu as un local, du stock ou du matériel (commerce, artisan, restaurant, cabinet) : il te faut les deux. La multirisque pour tes biens et ta perte d’exploitation, la RC Pro pour tes erreurs.
- Tu es dans un métier réglementé : la RC Pro est obligatoire, tu n’as pas le choix, et la multirisque reste conseillée dès que tu as des locaux.
- Tu as des véhicules, un point chaud, des marchandises transportées : ce sont encore d’autres garanties, à ajouter selon l’activité.
Dans les faits, sur un client pro, je regarde toujours les 5 : RC Pro, multirisque des locaux, protection juridique, flotte, et l’homme clé. C’est l’ensemble qui fait qu’il n’y a pas de trou.
Ce qui fait qu’un contrat ne sert à rien le jour du sinistre
La même chose sur les deux contrats : une activité déclarée qui ne correspond pas à ton activité réelle.
Une RC Pro se souscrit sur une liste d’activités. Ce qui n’est pas déclaré n’est pas couvert, même si c’est lié à ton métier. Une multirisque se tarife sur une surface, un capital de mobilier et de marchandises, et une activité. Un capital déclaré trop bas donne une indemnité proportionnellement réduite.
Deux cas que je vois souvent :
- l’activité a évolué depuis la souscription et le contrat n’a jamais été mis à jour
- le contrat n’a jamais été bien fait au départ, et l’activité déclarée ne colle pas à 100 % au réel
C’est pour ça que je reprends la liste complète de ce que tu fais vraiment, et pas juste ton intitulé au Kbis.
Quand il n’y a rien à changer chez toi
C’est rare, mais ça arrive quand ces cases sont cochées :
- Tes deux contrats existent et couvrent TOUTE ton activité réelle, y compris les annexes.
- Tes capitaux sont à jour : mobilier, matériel, marchandises, et une perte d’exploitation dimensionnée sur ton chiffre d’affaires actuel.
- Tu as le bon tarif et tu ne trouves pas mieux ailleurs pour les mêmes garanties.
Quand tu es sûr des 3, ton dossier est béton. Sinon ça vaut le coup d’avoir un œil extérieur qui vérifie.
Et j’ajoute toujours un quatrième point : il faut que l’agent ou le courtier en face de toi soit réactif et compétent. Parce que même avec le meilleur contrat du monde, si personne ne répond au téléphone quand tu en as besoin, ça ne sert plus à rien.
Les questions qu’on me pose souvent
Je peux mettre les deux chez le même assureur ?
Oui, et c’est souvent plus simple pour la gestion. Pas toujours le mieux tarifé, donc on compare les deux options.
Ma RC Pro couvre-t-elle les dommages qu’un client me cause, à moi ?
Non. Uniquement ceux que tu causes à un tiers. Pour tes propres biens, c’est la multirisque, ou une assurance marchandises transportées selon l’activité.
Je suis auto-entrepreneur avec juste un ordinateur, la multirisque est utile ?
Souvent non en tant que telle. On regarde d’abord si ton matériel pro est couvert par ton habitation, ce qui n’est pas automatique du tout.
La garantie décennale, c’est laquelle des deux ?
Ni l’une ni l’autre exactement : c’est une RC Pro spécifique au bâtiment, obligatoire, avec ses propres règles.
Et si j’ai un point chaud (friterie, pizzeria) ?
Ça change la tarification de la multirisque, et ça se déclare. Un point chaud non déclaré est un motif classique de refus de sinistre incendie.
Je suis courtier indépendant à Mérignac, à côté de Bordeaux. Pas d’exclusivité avec un assureur : je compare, et je te trouve la meilleure solution du marché.
07 67 55 90 27 ou prends directement ton RDV avec moi ici :
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Quilliec Courtage, ORIAS n°25006976.
